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Comment choisir votre photographe pour un mariage éthique et écoresponsable
Publié le 04/05/2020

Vous allez vous marier, et vous souhaitez organiser un événement à l’image de vos valeurs : un mariage éthique, durable, (éco)responsable ou même zéro déchet. Au moment de chercher les prestataires, cette dimension éthique et écoresponsable entrera en compte. Mais qu’en est-il du choix de votre photographe ?

Mariage éthique : pourquoi le choix de votre photographe est important

Le rôle du photographe de mariage

La photographie (comme la vidéo le cas échéant) est l’un des postes les plus importants de votre mariage.

Votre photographe aura pour mission de capturer les émotions et chaque détail de votre mariage. Le choix de ce prestataire doit être fait minutieusement, car c’est la personne qui aura la charge des souvenirs de ce grand jour. Il est donc primordial de choisir un·e photographe dont vous aimez l’univers, l’approche et le style : il faut que vous vous reconnaissiez dans ses images, car ce sera un jour vous devant l’objectif.

Le poste de photographe de mariage est donc un investissement dans les souvenirs d’un des moments les plus importants de votre vie. Et comme tout investissement, il faut se poser les bonnes questions avant de faire un choix et s’engager.

Eclats de rire de jeunes mariés pendant leur séance couple

La pollution invisible générée par les photographes

Pour un mariage éthique et écoresponsable, les questions à se poser lors du choix des prestataires concernent leur empreinte environnementale et leur démarche pour la réduire au maximum, tout en ayant l’impact social et sociétal le plus positif possible. Ainsi, on se tourne vers des artisans locaux, des produits de saison, on réduit les déchets au maximum, etc.

Les photographes quant à eux ne produisent fondamentalement rien de « matériel », si ce n’est les éventuels tirages, albums ou clés USB. Ils passent donc souvent à côté de ces questionnements, à part éventuellement pour les trajets à prévoir. Or, l’empreinte carbone des photographes est bien réelle : au-delà des trajets parcourus (parfois en avion pour une prestations d’une journée), leur activité numérique est fortement polluante à cause de :

  • leur consommation d’énergie : consommation d’énergie personnelle, et serveurs énergivores pour le stockage en ligne des images (on parle de plusieurs dizaines, centaines ou milliers de Go de photos), site Internet,
  • leur matériel électronique : les photographes utilisent du matériel électronique (informatique et photographique) qu’ils renouvellent régulièrement. Ces matériels polluent par leur fabrication (extraction de métaux rares avec un lourd tribut social, sociétal et environnemental) et le recyclage rarissime.

Les photographes polluent donc énormément, mais sans que cela ne se voie. Et c’est bien la raison pour laquelle pour l’instant, on n’accorde pas beaucoup d’importance aux critères environnementaux ou sociaux dans le choix du ou de la photographe !

Sur quels critères choisir un·e photographe pour un mariage éthique ?

Maintenant qu’on comprend pourquoi la sélection de votre photographe sera aussi cruciale que celle des autres prestataires sur le plan éthique et écoresponsable, voyons en pratique quels critères appuyer votre choix. Le mot d’ordre : personne n’est parfait, mais chaque geste compte.

Je vous donne ci-après plusieurs critères en allant crescendo : des critères les plus généraux aux plus spécifiques et rares sur le marché.

Les critères classiques pour choisir votre photographe de mariage

Comme je l’ai mentionné plus haut, la première chose à regarder chez un·e photographe est son style. Même si nous avons tou·te·s notre propre style, on peut tout de même voir des tendances, par exemple le style moody, le style fine art ou encore le style Fearless. Au-delà du nom du style, balayez les portfolios et regardez en particulier les couleurs (sont-elles chaudes ? désaturées ? naturelles ? dans des tons orangés / rouges / bleus / verts / autre ?), le contraste, la luminosité, la proportion de photos en N&B, etc.

Attardez-vous aussi sur son approche : des photos plutôt prises « sur le vif » ou au contraire posées, beaucoup de photos de détail ou pas (certain·e·s photographes ne prennent pas ou peu de photos de la décoration par exemple), des photos plans larges, des photos des marié·e·s uniquement ou bien de la famille et des invité·e·s également, etc.

Lorsque vous contacterez les photographes que vous aurez sélectionnés, demandez à voir la galerie entière d’un mariage dont l’organisation est similaire à la vôtre (par exemple avec cérémonie religieuse ou laïque selon votre cas, avec soirée ou pas, etc.). Vous aurez alors une meilleure idée de leur travail et de ce que vous pourriez avoir :)

Autre critère à prendre en compte lors de vos premiers contacts, c’est le feeling. Pour cela, prenez un moment pour appeler votre photographe coup de coeur pour vérifier que le feeling passe entre vous. Pourquoi est-ce important ? Parce que votre photographe doit vous comprendre pour immortaliser l’amour et la complicité qui vous lie, et de votre côté, vous devez lui faire confiance et vous livrer à lui/elle.

Enfin, le critère à ne pas oublier (mais ça serait étonnant que vous l’oubliiez !), c’est le budget. Par expérience, c’est le critère sur lequel il y a beaucoup d’incompréhension car on n’imagine pas le coût que représente un·e photographe de mariage avant de se pencher sur l’organisation de son propre événement. C’est d’ailleurs à ce sujet que j’ai été interviewée par l’agence de wedding planner Rose Porcelaine. Comme je l’ai dit plus haut, il faut bien voir la prestation de votre photographe comme un investissement pour la vie. J’ai déjà rencontré des marié·e·s déçu·e·s par leur expérience et leurs photos parce qu’iels ont choisi leur photographe par rapport au budget et non au style et au feeling. Malheureusement, il est trop tard pour rattraper quoi que ce soit après le mariage…

Choisir un·e photographe professionnel·le et déclaré·e

Il me semble important de rappeler ce point car il concerne directement le thème de l’article, en particulier le côté éthique d’un mariage.

Les prestataires professionnel·le·s et déclaré·e·s connaissent leur métier, vous guident et vous conseillent, et mettent tous les moyens humains et matériels à votre service (je détaille plus longuement ce point dans mon interview avec Rose Porcelaine). Une façon très simple de savoir qu’un·e prestataire est déclaré·e est de voir si iel possède un n° de SIRET ou d’immatriculation (apparaît sur les devis, factures et contrats). D’ailleurs, je vous conseille vivement de ne choisir que des prestataires qui font signer un devis et un contrat : cela vous protège, vous et votre prestataire, et ce pour quoi vous vous engagez mutuellement est noté noir sur blanc. Bien sûr, prenez le temps de lire chaque ligne avant de signer.

Au-delà de cet aspect purement formel et administratif, choisir des prestataires déclaré·e·s, c’est choisir des acteurs qui font vivre et participent à notre économie en payant charges sociales, taxes et impôts. C’est un critère social et donc indéniablement éthique, en plus de relever du bon sens en terme de sécurité pour vous :)

L'engagement éthique

On entre dans le dur du sujet, avec les actions par lesquelles vous reconnaitrez la majorité des photographes eco friendly. Les photographes écoresponsables se sentent concerné·e·s, aussi bien personnellement que professionnellement, par les enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux. Iels mettent donc en œuvre des actions concrètes pour servir ces enjeux grâce à leur travail, et cela se manifeste de plusieurs façons.

Tout d’abord, les photographes (éco)responsables vivent leurs convictions au quotidien, que ce soit par la consommation en vrac voire zéro déchet, des produits d’artisans et producteurs locaux et de saison, l’achat en seconde main, etc. Pour ma part, j’ai drastiquement changé ma façon de consommer en 2 ans, et je suis très regardante de la provenance des produits et services que j’achète, ainsi que la façon dont ils sont réalisés. Je consomme donc des produits locaux et de saison, en vrac quand je peux, j’achète rarement de nouvelles pièces pour ma garde-robe (et je vérifie les matières utilisées et le pays de fabrication) et de plus en plus de seconde main, je soutiens et j’achète auprès de créateurs locaux et/ou eco friendly, je fabrique mes produits ménagers, etc.

Sur le plan professionnel, les photographes éthiques créent ou soutiennent des projets qui rejoignent leurs valeurs, soit en mettant à profit leurs compétences de photographe, soit en donnant de son temps ou en faisant des dons à des associations sociales et/ou environnementales. Comme indiqué dans mon manifeste écologique, j’ai décidé de faire don de 1% de mon chiffre d’affaires annuel à une association. En 2019, ce don est allé à l’association lyonnaise Conscience & Impact Ecologique qui sensibilise le grand public et les scolaires aux enjeux environnementaux, et accompagne les professionnels dans leur transition écologique, car je suis fermement convaincue que changer une société et les mentalités passent avant tout par l’éducation et l’accompagnement.

Enfin, les photographes éthiques s’entourent de partenaires, fournisseurs et prestataires qui partagent leurs valeurs, et iels se « hissent vers le haut » mutuellement. Ainsi, dans le milieu du mariage, les affinités créent des liens très forts en fonction de nos sensibilités et univers, mais aussi et surtout en fonction de nos valeurs. Il n’est donc pas rare de voir de plus en plus de shootings d’inspiration entièrement réalisés avec des prestataires éthiques et écoresponsables, ou bien de voir des packagings de photographe réalisés de manière durable ou artisanale. C’est pour ces raisons que j’ai décidé de m’entourer au maximum si ce n’est exclusivement de partenaires éthiques dans mes prochains shootings d’inspiration, de faire imprimer mes bons cadeaux sur du papier ensemencé (pour les personnes qui préfèrent le papier aux PDF), et de livrer clé USB et tirages de photos de mariage dans des pochons en chutes de tissu récupérés auprès d’artisans, et réutilisables par les marié·e·s.

Sortie d'église avec des fougères

La réduction de l'empreinte carbone

Voici les derniers éléments à regarder pour sélectionner votre photographe pour un mariage éthique et écoresponsable. Ces critères concernent la réduction de l’empreinte carbone directement liée à l’activité photographique et aux mariages.

Disclaimer : Cette démarche est encore balbutiante dans le milieu des photographes de mariage. J’ai souhaité la pousser jusque là car je suis sensibilisée à la pollution numérique et des transports par mon parcours initial d’ingénieur dans une école ayant des filières et un programme de cours orientés sur la thématique de l’environnement. Cependant, je ne revendique pas du tout que ce sont les seules actions et pistes de réflexion possibles, ni qu’elles sont mieux que d’autres. Je prends en compte toute remarque ou idée supplémentaire si vous en avez :)

Le trajet

Le premier point d’attention et le plus évident, c’est l’empreinte carbone du trajet de votre photographe. Comme pour tout·e prestataire ou invité·e, moins votre photographe aura de trajet à faire, moins iel polluera, en faisant une comparaison avec un même type de transport. Cependant, le critère du moyen de transport fait énormément pencher la balance : un·e photographe qui traverse la France en TGV ou en avion n’aura pas du tout la même émission de carbone. La question devient plus complexe lorsqu’il faut faire un choix entre un·e photographe plus ou moins local·e (entre 50 et 200km par exemple) qui se déplace seul·e en voiture, ou un·e autre qui vient de plus loin mais à 5km du lieu en TGV et qui fait les 5km restants en covoiturage par exemple.
Pour mieux répondre à la question, je vous propose d’utiliser cet outil développé par l’ADEME pour calculer les émissions de carbone d’un trajet :

Si le calculateur n’apparaît pas, rafraîchissez la page ou cliquez ici.

De mon côté, je n’ai pas de voiture. Je fais tous mes trajets en France métropolitaine en TGV au plus proche, puis en TER et ensuite en voiture pour compléter.

Paysage de fin de journée vue d'un TGV

L'empreinte numérique

Cette partie devient un peu technique, et il vous faudra sûrement faire des recherches à côté pour bien tout comprendre. Cependant, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou besoin de précisions sur le sujet.

Les derniers critères que je vous suggère de creuser sont ceux concernant la pollution numérique, c’est-à-dire celle engendrée par la consommation d’énergie pour les activités numériques, et par la fabrication et le manque de recyclage du matériel électronique. Les principales sources de pollution numérique sont :

  • le site Internet
  • le stockage des données en ligne
  • le matériel électronique

Les sites Internet engendrent une consommation d’énergie pour le transport et le traitement des requêtes utilisateurs, et à travers les serveurs qui les hébergent et qui tournent en permanence pour eux. On peut jouer sur ces paramètres de plusieurs manières :

  • diminuer le nombre de requêtes utilisateurs en choisissant par exemple de faire un site Internet statique (ce qui est le cas de ce site) au lieu d’un site dynamique (par exemple créé avec WordPress)
  • diminuer la distance parcourue par les requêtes utilisateurs en ayant un site hébergé au plus proche de ses principaux utilisateurs, par exemple en France ou dans un pays limitrophe pour un·e photographe dont la clientèle se situe principalement en Métropole
  • utiliser un serveur mutualisé, c’est-à-dire un serveur qui tourne pour plusieurs sites à la fois, et non pour un seul site, car les serveurs tournent en permanence et consomment beaucoup d’énergie. Pour ce site, la solution choisie est Netlify. Ce site est donc hébergé sur un serveur qui tourne pour plusieurs milliers de sites à la fois.

Le stockage de données en ligne se fait également sur des serveurs. Plus il y a de données, plus les serveurs consomment de l’énergie. Deux pistes pour limiter cela :

  • limiter la quantité de données stockées en ligne, par exemple en réduisant le poids de ses fichiers. Pour les photos, il y a de nombreux outils pour compresser les images sans perdre en qualité visuelle. J’utilise NanoJPG, ce qui permet de réduire de 80 à 95% le poids de mes fichiers sans que les images ne soient altérées.
  • limiter la durée de stockage des données en ligne. Est-ce que ça sert bien à quelque chose de laisser une galerie client en ligne pendant 2 ans, alors que les marié·e·s et les invité·e·s auront téléchargé les photos en moins de 2 mois ? Non, alors autant ne pas faire tourner des serveurs inutilement :) C’est pourquoi j’indique dans mes contrats une durée maximale de disponibilité de la galerie en ligne que je livre, et mes clients peuvent me contacter au-delà s’ils ont à nouveau besoin des images.

Le matériel informatique génère quant à lui beaucoup de pollution à la fabrication comme expliqué en début d’article (plus d’infos et des chiffres sur cette fiche de l’ADEME). Le meilleur moyen de limiter cette source de pollution est de faire durer le matériel le plus longtemps possible en le faisant réviser régulièrement par exemple ou en optant pour du matériel reconditionné. C’est ce que j’ai choisi de faire pour le matériel informatique (ordinateur, écrans, tablette, téléphone…)

Je conclus par ce dernier point : parce que l’activité photographique repose sur du matériel qui consomme de l’énergie, pourquoi ne pas pousser la réflexion jusqu’au choix de son fournisseur d’énergie ? Même si on ne consomme pas directement ce qu’on achète (l’électricité produite est injectée dans le réseau, mais à l’instar d’une goutte d’eau qui rejoint l’océan, impossible de savoir où elle va ensuite), en choisissant un fournisseur d’énergie renouvelable par exemple, on soutient cette filière. D’ailleurs, si vous êtes tenté·e de rejoindre Planète OUI, dites-le moi, j’ai un code parrainage !

Vous l’aurez compris : choisir votre photographe n’est pas si anodin quand vous organisez un mariage éthique ou écoresponsable. Encore une fois, l’idée n’est pas d’être parfait, car personne ne l’est. Aujourd’hui, en prenant tout ou partie des critères présentés, il y a de nombreuses personnes qui rentrent dans la catégorie “photographe écoresponsable”. Je suis donc certaine que vous trouverez la perle qui vous correspond, et que vous soutiendrez ainsi les actions d’une personne engagée pour construire un monde plus respectueux des besoins de la planète et de ses habitants !

@vaikehushan sur Instagram
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